samedi 8 février 2025 à 15 h 30
Auguste Rodin-Camille Claudel
Conférence d’histoire de l’art par Sylvie Testamarck

La vie, l’œuvre, la rencontre de deux grands sculpteurs.
Admis à l’École spécial de dessin et de mathématique à Paris, initié par la suite à la sculpture, Rodin échoue au concours d’entrée à l’école des Beaux-Arts. Contraint de gagner sa vie, il travaille de 1860 à 1871 à Paris puis en Belgique pour des sculpteurs connus tel Carrier-Belleuse. C’est pendant cette période obscure de sa vie que Rodin, alors simple ouvrier-statuaire, mûrit le schéma de son œuvre et c’est là qu’il comprend comment organiser et diriger ces ateliers immenses où s’affairent praticiens, mouleurs et fondeurs. C’est en 1864 qu’il rencontre Rose Beuret, celle qui restera la compagne de sa vie jusqu’à son décès.
Il réalise L’Âge d’airain en 1871, sa première grande œuvre, tellement vivante qu’il est accusé de surmoulage. Ce succès mâtiné de scandale est en fait le début d’une très longue carrière. Au cours des années 1880 Rodin s’attelle à la Porte de l’Enfer que l’état lui a commandé. D’autres commandes publics suivirent et, malgré les difficultés qu’il rencontra parfois avec les commanditaires, elles furent toutes l’occasion d’innovations audacieuses poursuivies également dans la réalisations d’œuvres de dimensions plus modestes.
Rodin travaillait constamment avec son mouleur lequel tirait plusieurs exemplaires des œuvres en plâtres. L’artiste disposait ainsi de milliers de bras, de mains ou de cuisses, de là cette esthétique du fragment qu’il ne va pas cesser de décliner (stimulé par ailleurs dans ce cheminement, par sa propre collection d’antiques), anticipant par là même les grands bouleversements qu’allait connaitre la sculpture.
Soucieux de l’avenir de son œuvre, Rodin lègue à l’État français ses propres collections ainsi que ses œuvres personnelles exposées aujourd’hui dans l’ancien Hôtel Biron devenu son musée.
Camille Claudel rencontre Rodin au début des années 1880, lorsque celui-ci commence à constituer son atelier qu’elle intègre en 1884. Elle deviendra successivement son élève, sa collaboratrice et sa maitresse sans jamais cesser de poursuivre ses propres recherches artistiques, de répondre à ses premières commandes et de se faire connaitre au Salon. Cette passion tout à la fois artistique (les amants s’influençant l’un l’autre), intellectuelle et sensuelle s’achève en 1898.
On a tendance à considérer l’œuvre de Claudel à l’aune de sa liaison tourmentée avec le sculpteur. Celle-ci, toutefois, n’est pas strictement autobiographique. Le caractère tragique de la condition humaine, les différents âges de la vie sont les thèmes récurrents de son œuvre. C’est en 1893 qu’elle oriente ses recherches dans une voie très singulière : des pièces novatrices, de petits formats, qu’elle nomme « croquis sculptés ».
Être artiste quand on est une femme au XIXe siècle implique de se confronter aux préjugés moraux ainsi qu’à la domination masculine du jury du Salon et ce combat fut pour elle particulièrement redoutable. En 1913, l’artiste, qui vit recluse dans son atelier, est internée à la demande de la famille à l’asile de Ville-Evrard auquel succédera celui de Montdevergues dans lequel elle finira ses jours en 1943. Trente années de création passionnées dans la vie de Camille Claudel auxquelles allaient succéder trente longues années de réclusion.
S.T
Entrée libre adhérents et – de 18 ans
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