du 4 novembre au 20 décembre 2025
Interstices
Exposition d’Eve Martin

Se tenir entre, voici ce que nous propose ici Eve Martin. Être dans l’interstice, voir entre les éléments qui composent une structure, quelques petites fentes dans les volets qui laissent passer la lumière, voir une part négligée de vide dans ce qui paraît compact d’un trop rapide regard...
En réalisant différentes expériences, Eve Martin tente de repenser les normes des images « parfaites » définies par les réseaux sociaux, la publicité, l’intelligence artificielle... Elle cherche notamment à retrouver une matérialité dans ces images devenues trop nettes. Elle expérimente les frontières de ce qui fait une image fixe ou en mouvement, les interstices du grain et du pixel, les ponts entre l’argentique, l’analogique et le numérique. Elle joue avec ces nouveaux codes esthétiques pour creuser et déconstruire la photographie tout en questionnant son usage actuel.
Emulated Landscape, 2021
La photographie initiale est issue d’un point de vue panoramique aux philippines prisé par les touristes. Reproduite à l’infini, l’image est encodée, elle n’appartient plus au réel et vogue dans un flux continu de données. Composée de trois plaques de plexiglas chacune imprimée avec l’un de ces éléments constitutifs : la forêt, la montagne et le ciel, Emulated Landscape crée une anamorphose où les pixels finissent par composer les images ou, au contraire, les décomposent peu à peu.
Œuvre présentée en partenariat avec la collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis.
Best Regards, 2023
Best Regards explore la disparition du réel à travers la répétition des images. Ce qui fut souvenir capturé, transmis, partagé jusqu’à l’épuisement du sens, devient données. Le geste photographique – autrefois témoin du moment – devient flux, abstraction, mirage. Best Regards évoque ainsi la trace d’un lien humain, désormais dilué dans l’écran et la distance.
Goldfish, 2024
Trois miroirs se dressent, parcourus de fines fissures lumineuses qui rappellent celles de nos écrans brisés, où s’entrevoient des fragments de mémoire. Eve Martin poursuit ici sa réflexion sur le téléphone comme outil de regard et de capture. En détournant cet objet de fascination, elle interroge la promesse d’un monde numérique idéalisé, où la lumière révèle autant qu’elle fracture.
Erosion, 2025
Miroir plan gratté comme une image pixélisée à outrance, notre reflet se compose à l’intérieur de cette image qui s’oxyde peu à peu avec le temps. Liant image réelle et image virtuelle, le temps et l’espace se télescopent sur la surface brillante, induisant une perte des repères qui ordinairement jalonnent notre vécu. Le temps est là tout entier : le passé, le présent, le futur. L’acte artistique, le spectateur et le miroir sont indissociablement devenus image et sujet.
Entrée libre
Visite commentée sur rendez-vous
Ouvert du mardi au vendredi de 13 h à 20 h, le samedi de 10 h à 18 h.
Fermé le lundi, le dimanche et les jours fériés.