samedi 15 mars 2025 à 15 h 30
Constantin Brancusi
Conférence d’histoire de l’art par Sylvie Testamarck

La vie et l’œuvre d’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle.
« Quand vous voyez un poisson, vous ne pensez pas à ses écailles, vous pensez à son corps étincelant et flottant vu à travers l’eau et bien voilà ce que j’ai voulu exprimer. Si j’avais rendu ses nageoires, ses yeux et ses écailles, j’aurais arrêté son mouvement et j’aurai obtenu un simple échantillon de la réalité. Moi, j’ai voulu saisir l’étincelle de son esprit. » Constantin Brancusi, à propos de la sculpture Le Poisson
Brancusi a pensé la sculpture autrement. À l’interprétation figurative et psychologique des sentiments qui avait longtemps prévalu, il a opposé la synthèse de la forme pure. Capter une réalité présente sous l’apparence des choses, dégager de la matière la forme pure, tel était son but. Cette façon de penser, Brancusi la doit sans doute à son enfance dans un petit village de Roumanie. Dès l’âge de sept ans, il gardait les moutons dans une bergerie des Carpates et ce furent ces mêmes bergers qui lui enseignèrent l’art de tailler sur bois les ornements de leurs flutes et de leurs gourdins. Il a trouvé dans l’art populaire de son pays sa grande source d’inspiration : le souci de la stylisation et la richesse de l’inspiration puisée dans la nature. Un langage universel en somme qu’on retrouve dans l’art populaire de tous les pays et qu’il appliquera à la sculpture moderne.
Il travaille par série d’œuvres développant de multiples versions de chacune de ses sculptures. L’Oiseau dans l’espace, par exemple, compte vingt-huit variantes en plâtre, marbre et bronze. Il procède lentement, privilégiant la patience à la fulgurance créatrice.
C’est en 1916 qu’il emménage dans l’atelier situé au 8 puis plus tard, au 11 de l’impasse Rondin. Plus qu’un atelier, il s’agit en fait d’une œuvre d’art total. Il a fabriqué lui-même son poêle, ses meubles, ses ustensiles de cuisine. Il organise la disposition des sculptures selon une harmonie particulière, celle de la direction lumineuse et celle qu’engendre l’accord des vides et des pleins ici soigneusement étudiés. Initié par Man Ray à la photographie, il y installera également son propre studio assurant par la même à ses œuvres une dimension artistique supplémentaire.
Légué par l’artiste à l’État en 1956 avec tout ce qu’il contient (ébauches, œuvres achevées, meubles, livres et photographies), l’atelier fut reconstitué à l’identique place Georges Pompidou.
S.T
Entrée libre adhérents et – de 18 ans
Adhérents partenaires tremblaysiens : 3 €
Non adhérents : 5 €