samedi 5 avril 2025 à 15 h 30
Odilon Redon
Conférence d’histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Peintre et graveur exceptionnel, relié au mouvement symboliste.
« J’aurai voulu naître en pleine mer : un lieu sans patrie » écrira Redon. Mais c’est à Bordeaux qu’il naîtra, en 1840. Il passe une enfance très solitaire dans le domaine agricole de Peyrelebade où s’origine l’atmosphère de son œuvre, son climat particulier : « Enfant, je me cachais dans les coins sombres de la maison, déjà, j’aimais les ombres. »*
En rejoignant sa famille à Bordeaux, il intègre le monde turbulent du collège, qu’il détestera. Initié au dessin par le peintre Stanislas Gorin, il découvre grâce à lui l’univers de Corot, celui de Moreau et de Delacroix. Il rencontre Armand Clavaud en 1857, un botaniste inspiré qui l’initie à l’univers du minuscule en même temps qu’à l’œuvre d’Edgar Poe, de Baudelaire et de Darwin.
Il part à Paris la même année : étude poussive d’architecture qu’il abandonnera après avoir échoué au concours d’entrée. Il rentre dès lors dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme. Celui-ci est l’auteur très célébré d’une peinture objective qui servira de contre-exemple à Redon : il sera, quant à lui, le maitre irréaliste de l’indéterminé. Il rencontre Rodolphe Bresdin, graveur émérite qui l’initie à l’estampe en même temps qu’à l’univers graphique de Rembrandt et de Dürer. Il commence en 1872, la série des Noirs qu’il déclinera pendant vingt ans et publie plusieurs albums de lithographie.
Il épouse Camille Falte en 1880, deux fils leur naissent mais un seul survivra, Arï, dont il multipliera les portraits magnifiques. Il s’entoure de poètes et d’artistes admiratifs dont Mallarmé, Huysmans, Vuillard, Gauguin et Bonnard : des symbolistes et des Nabis qu’il influence et qui l’influenceront à leur tour.
Les impressionnistes, dont il est le contemporain, sont pour lui des réalistes : ils peignent des réalités visuelles alors que lui-même retranscrit des visions intérieures : « J’ai refusé de m’embarquer dans le bateau impressionniste : trop bas de plafond. »
En 1900, il renonce définitivement aux Noirs et donne dès lors à la couleur les pleins pouvoirs.
S.T
* Extrait du livre À Soi-même rédigé par l’artiste
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