samedi 7 février 2026 à 15 h 30
Figures du fou
Conférence d’histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Images de la folie du Moyen Âge à nos jours. Un thème passionnant associant art, histoire et littérature.
La figure du fou émerge au Moyen Âge dans les marges des manuscrits et les sculptures des cathédrales, représenté le plus souvent sous les traits d’un vagabond. Il resurgit plus tard, sous une autre identité, dans le cercle des puissants : c’est le fou de cour, le bouffon, qui divertit tout en jouant un rôle critique et satyrique.
Entre 1475 et 1500, Jérôme Bosch peint La Nef des fous, une allégorie qui dénonce la décadence morale de son temps : est fou celui qui s’écarte des enseignements divins. Le romantisme et le symbolisme transformeront plus tard la folie en source d’inspiration. Elle est alors perçue non plus seulement comme un danger mais comme une expérience particulière liée au génie artistique.
Avec l’émergence de la psychiatrie, la folie est de plus en plus rationalisée et médicalisée. Les artistes influencés par ses avancées adoptent une approche plus réaliste et empathique. Géricault peignant ses monomanes cherchera à traduire la vérité psychologique de ses modèles, sans plus les juger ni les caricaturer.
L’intérêt des artistes pour la folie ne cessera plus dès lors de s’affirmer. Egon Schiele intègre dans ses œuvres les déformations corporelles observées dans les asiles qu’il visite. Les surréalistes empruntent également au domaine psychiatrique certaines méthodes d’investigation de l’inconscient comme l’hypnose afin de prospecter d’autres territoires mentaux. Jean Dubuffet forge le terme d’ « art brut » pour désigner une forme d’art faite par des personnes en déliaison sociale, dont celles souffrant de pathologies mentales.
À travers certaines œuvres contemporaines, on assiste à une nouvelle remise en question de la perception de la folie perçue aujourd’hui comme le moyen de questionner les normes sociales et la perception du réel.
S.T
Entrée libre adhérents et – de 18 ans
Adhérents partenaires tremblaysiens : 3 €
Non adhérents : 5 €