samedi 11 octobre 2025 à 19 h 30
L’Expérience esthétique
Rencontre-débat en compagnie de Manuela de Barros et des artistes exposés

Une rencontre-débat proposée dans le cadre de la semaine de pratiques et d’échanges Photophore.
L’expérience esthétique peut être définie comme un mode particulier de relation sensible, cognitive et parfois émotionnelle à une œuvre d’art, à un objet, à un phénomène ou à une situation perçue comme porteuse de qualités formelles, symboliques ou expressives.
Elle se caractérise par une attention accrue à la perception, mais aussi par une mise en jeu de l’imaginaire, de la mémoire, du jugement et parfois de l’éthique. L’expérience esthétique ne se limite pas au plaisir ou à la beauté : elle peut être troublante, critique, dérangeante ou interrogative.
Elle est historiquement et culturellement construite, mais reste profondément subjective. Elle engage à la fois le corps, les sens, les émotions et la pensée, dans une forme d’activation perceptive et réflexive. Ainsi, elle est souvent conçue non comme la réception passive d’un objet artistique, mais comme un processus dynamique d’interaction entre le sujet et ce qui lui est présenté.
L’expérience esthétique, avec les artistes Cécile Babiole, Golnaz Behrouznia, Raphaëlle Kerbrat et Stéfane Perraud, engage le regardeur dans une relation sensorielle, cognitive et critique avec des formes qui interrogent notre rapport au vivant, à la technique et à l’imaginaire. Ces pratiques transversales mobilisent la science, la biologie ou les technologies numériques non pas comme simples médiums, mais comme matériaux vivants de questionnements sur nos modes de vie et nos sociétés.
Chez Stéfane Perraud, la matière est traversée d’énergies invisibles, de flux transformateurs qui déplacent les frontières entre organique et inorganique. Golnaz Behrouznia invente quant à elle un monde spéculatif, peuplé d’entités mi-cellulaires, mi-fantastiques, dans lequel l’expérience esthétique devient une immersion dans un écosystème fictionnel et réel à la fois. Raphaëlle Kerbrat interroge l’apparente immatérialité du numérique en manipulant plastiquement ses supports qui révèlent la réalité physique de ses infrastructures. Cécile Babiole, enfin, avec une exploration d’univers sonores, déploie une esthétique critique de la machine, en détournant les outils numériques ou en révélant les logiques cachées des systèmes technologiques.
Ces démarches multiples, entre art et science, imaginaire et politique, invitent à une expérience esthétique élargie, qui sollicite autant les affects que la pensée critique.
Manuela de Barros est philosophe et théoricienne des arts. Maîtresse de conférences à l’université Paris 8, essayiste, conférencière, ses travaux portent les rapports entre les arts, les sciences et les technologies ; les modifications biologiques, anthropologiques et environnementales liées aux technosciences, notamment celles envisagées par les artistes ; les passages entre les sciences et la construction fictionnelle (en art ou en littérature).
Elle est l’auteure notamment de Magie et technologie (Éditions UV).
Cette rencontre sera suivie d’une performance imaginée par les danseurs hip-hop de l’Espace Jean-Roger Caussimon.
Entrée libre